Histoire de la commune

La réunion de quatre communes

Le 26 juin 2001, les citoyens des quatre communes : Albeuve, Lessoc, Montbovon et Neirivue, votent la fusion qui sera ensuite approuvée par le Grand Conseil le 18 septembre. C’est ainsi que les territoires de ces quatre communes vont être réunis, afin de former, depuis le 1er janvier 2002, plus qu’une seule commune nommée « Haut-Intyamon ». Les noms de Albeuve, Lessoc, Montbovon et Neirivue, cessent désormais d’être ceux d’une commune et deviennent les noms de villages faisant partie de Haut-Intyamon.

Les armoiries

Les armoiries de la nouvelle commune se définissent comme suit: «De gueule à la bande ondée, coupée de sable et d’argent à la grue au vol dressé d’argent brochant sur le tout et passant sur un mont de deux copeaux de sinople».

Histoire par village

Montbovon

Étymologie

Le nom de Montbovon, qui a plusieurs fois été modifié, apparaît en 1255. Il subit au cours des siècles de nombreuses transformations, passant par Montbovonis, Mons Bovum, Mons Bovarium, Mont Bovon. Mais il semble bien que la véritable origine soit Mont de Bovon, c’est-à-dire la montagne d’un propriétaire dénommé Bovon (nom de famille connu en Gruyère au XIIe siècle). Montbovon, situé à l’extrémité sud de la vallée de l’Intyamon, se trouvait probablement sur le passage de la route de l’étain utilisée par des marchands pratiquant le commerce de ce métal entre le sud de la Grande-Bretagne et la Grèce. Importante liaison entre le nord et le sud des Alpes, cette voie remontait la Sarine puis la vallée de l’Hongrin pour passer le col des Mosses en direction de la vallée du Rhône et du Grand-Saint-Bernard. La route du col de Jaman fut aussi une importante liaison entre la Gruyère et la région lémanique.

Histoire

Maître des lieux à la chute du comté en 1555, le gouvernement de Fribourg tenta à la fin du XVIIe siècle de percevoir un droit de douane à Allières, prétention contre laquelle Berne fit opposition. Rattaché à la paroisse de Bulle, puis à celle d’Albeuve, le village, qui disposait d’une chapelle depuis 1515-1517, s’en sépara en 1618. L’église consacrée à saint Grat dès 1621 la remplaça. Une nouvelle église de style néo-roman fut construite en 1897.

De nos jours

À Montbovon, avec Allières, on trouve aujourd’hui plusieurs artisans de qualité et une laiterie, qui produit avec le lait fourni par les agriculteurs du village du Gruyère AOP, du Vacherin fribourgeois et deux spécialités locales : le « Pré Ficuris » et le « Manguyon ». L’artisanat traditionnel, comme l’art du tavillonnage, la création bois-gravure, la serrurerie, reste bien présent.

Neirivue

Étymologie

La mention du nom de Neirivue apparaît pour la première fois en 955. Le toponyme a changé au cours des siècles. Son premier nom latin, Nigra aqua, devint Neire ewe en 1400, puis Noyrewe en 1514. Plus tard, on trouve d’autres formes encore : Neyrevuy, Nerewe, Neirevet, Neyflumen, Nigergut. Le nom du village vient du ruisseau qui le traverse, la Neirivue. Cette résurgence jaillit à quelques centaines de mètres du village et son eau provient des eaux de l’Hongrin.

Histoire

Dans une charte de 1278, Pierre II de Gruyères reconnaît tenir en fief de Philippe de Savoie diverses terres, notamment 50 poses, « que sita sunt apud Nigram aquam » (qui sont situés au bord de l’Eau Noire). Le village fit partie du comté de Gruyères jusqu’en 1555, date à laquelle il devint fribourgeois. Comme Albeuve, Neirivue fut dévasté par un incendie qui détruisit la presque totalité du village le 19 juillet 1904.

De nos jours

Au XXe siècle, Neirivue connut un magnifique développement industriel avec les industries du textile et du bois. Neirivue compte également une entreprise de ferblanterie-appareillage.

Lessoc

Étymologie

La première mention de Lessec pourrait bien être celle dans la pancarte de Rougement, rédigée en 1115, qui indique le don fait par le comte Wiferius au prieuré de Rougemont d’une terre tenue par un serf, Martinus del Suc. Ne serait-ce point là une forme ancienne du nom du village actuel, qui s’appelait Lessoz en 1231, Les Soz en 1237 et Lessot vers 1352 ? Le nom a probablement une origine préromane.

Histoire

Au Moyen Âge, la localité appartenait au comté de Gruyères, sous la bannière et châtellenie de Montsalvens. Au XIIe siècle, les Seigneurs de Corbières possédaient de nombreux biens sur le territoire de Lessoc. Ils les cédèrent en 1278 à Pierre II le Gruyèros. Libérés de la mainmorte en 1398, ses habitants avaient leur justice particulière, toutefois dépendante du banneret de Gruyères. La présence d’une chapelle située près de l’église actuelle et consacrée à saint Martin est attestée depuis 1365. Le village, qui dépendit de la paroisse de Broc jusqu’au XIIe siècle probablement, releva ensuite de la paroisse de Grandvillard, dont il voulut se détacher dès la fin du XVIe siècle. Mais la séparation effective n’intervint qu’en 1643 lorsque l’église fut construite.
Plusieurs carrières étaient exploitées, dont une de tuf. Mais la pierre la plus connue est le « marbre » de Lessoc, un calcaire gris-blanc veiné de vert, largement utilisé pour la construction dans le village et dans la région. C’est de cette pierre que l’on construisit en 1796 la fontaine octogonale dont la légende est connue loin à la ronde.

De nos jours

Aujourd’hui, les habitants du village sont occupés dans les secteurs secondaires et tertiaires des environs ou du centre du district. L’agriculture y tient encore une place non négligeable. La distillerie de l’époque a ré-ouvert ses portes et une entreprise de charpente rénovation s’y est installée

Albeuve

Étymologie

Le nom d’Albeuve vient du torrent qui rejoint la Trême juste avant son confluent avec la Sarine. Composé du mot alba et du latin aque, il signifie eau blanche, ou plus exactement eau blanchâtre, puisque sa base alba s’explique mieux par le terme gaulois sib que par l’adjectif latin alba. Le toponyme changera depuis l’Alba Aqua en Erbivi en 1171, Albewi en 1221 ou Albègue vers 1620.

Histoire

Le village était déjà le siège d’une paroisse au XIe siècle. D’abord en possession du comte de Gruyères, il passa très tôt par donation à l’évêque de Lausanne. Lors de la conquête du Pays de Vaud par les Bernois en 1536, les propriétés épiscopales de l’actuel district de la Gruyère — soit Bulle, Riaz, La Roche et Albeuve — revinrent au gouvernement de Fribourg, qui se considérait comme le successeur de l’évêque.
Ainsi, Albeuve, contrairement aux autres villages de l’Intyamon, qui tous relevaient du bailliage de Gruyères, dépendit du bailliage de Bulle jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Au début du XIIe siècle, Albeuve fut propriété de l’évêque, puis du Chapitre de Lausanne. En janvier 1537, Albeuve prête serment à Fribourg et est rattaché au bailliage de Bulle.
Touché plusieurs fois par les crues de la Marivue, le torrent voisin, Albeuve fut encore presque entièrement détruit par le gigantesque incendie du 20 juillet 1876. En deux heures, plus de 160 maisons brûlèrent avec l’église et la cure. Seules cinq maisons échappèrent au désastre.

De nos jours

Aujourd’hui, à Albeuve, avec Les Sciernes d’Albeuve, on trouve des entreprises de construction et de menuiserie-charpente ainsi qu’un atelier de ferblanterie-appareillage. Un magasin d’alimentation faisant également office de poste apporte un grand service à la population. L’agriculture est encore bien présente.

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